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S'accomplir avec bonheur : peut-on devenir artisan de son cocktail idéal ?

Alchimie du bonheur : encore une histoire d'ombre et de lumière !

Les 4 hormones du bonheur sont-elles à injecter dans votre cocktail du bonheur sans modération ou recèlent-elles un côté obscur qui invite à la prudence ? Que serait le nirvana sans son purgatoire favori ? Il s'agit bien de juste dosage, fine alchimie de puissantes hormones et neuromédiateurs qui donnent accès au graal de tous les bonheurs (plaisir, bien-être, amour, bonne humeur) comme ils peuvent faire basculer l'élévation dans une forme de descente aux enfers (dépression, anxiété, douleur, addiction).

La Dopamine, neurotransmetteur du plaisir de la récompense, porte votre enthousiasme et relève les défis. C'est celle qui pulse dans nos veines au battement des like sur nos réseaux sociaux. C'est aussi l'hormone de l'addiction, des comportements compulsifs et des phénomènes de dépendance (alcool, tabac, drogues, écrans...). C'est également le précurseur de l'Adrénaline, hormone guerrière qui dilate pupilles et artères et accélère nos pulsations pour nous préparer à passer à l'acte et réaliser ce qui était impossible sans cette mobilisation d'urgence. Hormone de l'urgence, du stress, des situations exceptionnelles, capable de stopper en une injection l'emballement mortel de réactions allergiques, c'est aussi un facteur majeur de dépression. Si vous l'appelez au quotidien dans votre cocktail, bye bye bonheur, bonjour stress chronique !

L'Endorphine, hormone du bien-être, sublime opiacé naturel, conçue à l'origine pour masquer même les douleurs les plus intenses et permettre à l'humain blessé d'avoir le temps de trouver un refuge, elle est l'euphorie du sportif d'endurance, symbole du dépassement de sa condition physique.

La Sérotonine, neurotransmetteur et neuromodulateur de la bonne humeur et de l'estime de soi, signant l'état de respect, paix et sécurité : calme et stabilité. Son rôle est de stabiliser et protéger l'organisme contre le désordre intérieur et les comportements à risques. Son pouvoir de réduction des douleurs morales, ressource de résilience codant nos capacités d'auto-réparation, en font un bel ingrédient de notre cocktail du bonheur. Certaines hypothèses scientifiques ont été émises sur la corrélation entre la faible quantité de sérotonine trouvée chez les délinquants adolescents et l'état excessif de colère et d'agressivité.

L'Ocytocine, hormone dont la vocation première est de stimuler les contractions de l'utérus et des glandes mammaires, est finalement pour tous les humains l'hormone de l'amour, responsable de la confiance et de la création des liens affectifs et par extension du lien social. Prescrite pour des troubles du lien social dans l'autisme, attention au surdosage qui serait susceptible d'accroître l'hypersensibilité émotionnelle.

On comprend enfin que ces hormones et neurotransmetteurs du bonheur sont intimement (physiologiquement) liés aux hormones de stress (Adrénaline, dont nous avons parlé) et de détresse (Cortisol) qui nous rendent capables d'éviter les menaces à notre survie et de nous mettre en mouvement avec une mobilisation rapide d'énergies nouvelles. Notre cerveau libère du cortisol lorsque quelque chose lui paraît menaçant (menace perçue réelle ou imaginaire) et le cortisol fait circuler les informations d'urgence du cerveau, sans passer par la réflexion. Il a le pouvoir anti-inflammatoire des corticoïdes et la faculté de libérer les sucres dans le sang pour nous permettre de nous dépasser en réponse à une demande accentuée en énergie ; à l'excès, il est capable de supprimer nos réponses immunitaires et modifier notre horloge biologique interne.

Devenir artisan de son cocktail idéal

Ne cherchez pas les dosages exacts permettant de réaliser votre cocktail du bonheur : il est impossible de doser les hormones du bonheur ; c'est la vitesse de production et de recyclage qui compte plus que sa quantité totale à un temps T (les effets peuvent être inverses suivant les récepteurs sur lesquels elles se fixent). Autrement dit, c'est la faculté de chacun à libérer au bon moment et au bon endroit les hormones et neurotransmetteurs du bonheur, mais aussi à les réguler rapidement avec les yings de leurs yangs (Cortisol notamment).

Être artisan de son bonheur, c'est certainement connaître la bio-chimie de son cocktail idéal, accepter comme tout alchimiste qui se respecte qu'il sera le fruit de l'ombre comme de la lumière, mais c'est aussi de cultiver les conditions idéales à la sécrétion des ingrédients indispensables :

Facteurs biologiques : partant du principe qu'on est ce que l'on mange, thé vert (dont les effets relaxants feraient augmenter la concentration de Sérotonine et de Dopamine dans l'organisme), glucides à digestion lente et chocolat semblent faire consensus comme ingrédients favorables à une biologie heureuse. Rire à gorge déployée, pleurer un bon coup, courir 45 mn, respirer profondément et s'étirer longuement (Endorphine). Toucher et auto-massages provoquent de belles vagues d'Ocytocine.

Facteurs psychologiques : faire le plein de lumière dans l'hypothalamus, jardiner et ouvrir ses chakras par la méditation et le yoga font chuter le taux de Cortisol et stimulent Sérotonine et Endorphines. Célébrer ses réussites et passer du rêve à la décision à l'action (Dopamine). Développer un sentiment de fierté, être en paix avec son statut social, cultiver le respect et le sentiment de sécurité (Sérotonine). Se sentir digne de confiance, faire du bénévolat (Ocytocine).

Facteurs socioculturels : voir ses amis, toucher, aimer, expérimenter, s'étonner, sublimer dans l'art son lien universel à tous les êtres... c'est de l'Ocytocine, de l'Endorphine, de la Dopamine et de la Sérotonine à profusion, libération juste, prolongée et recyclable... ça tombe bien : ça commence le 19 mai prochain !

Références

La santé mentale est un sujet sensible : si vous traversez vous-même une période difficile, parlez-en à un professionnel de santé.

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